Il va manquer dans cette si belle course qu'il commencer a maitriser parfaitement :(
À 25 ans, le motard est mort mardi des suites d'une violente chute survenue lors d'un entraînement, à Loon-Plage. Le champion était habitué des terres isberguoises où il se préparait régulièrement aux côtés des cyclistes du C.C.I.M.
À Timoteï Potisek, tout souriait. Jeune marié, il venait d'entreprendre la rénovation d'une bâtisse. Sur le plan sportif, son ère ne faisait que commencer.
Double vainqueur de l'Enduropale, « Tim » était le meilleur pilote sur sable de France et de Navarre. Fougueux, fonceur, il se démarquait par son pilotage agressif. Toujours devant, toujours plus haut. Belle gueule, il avait aussi la faveur des médias friands de ses duels à distance avec son rival Arnaud Demeester.
Un mec bien. Généreux. De toutes les manifestations de solidarité, toujours en tête des files pour signer les autographes. Accessible pour tous. Ses fans.
Les passionnés. Les amoureux de la moto.
Tout juste recruté par Yamaha, Timoteï était bercé par la douce euphorie d'une vie devenue parfaite. Porteur de la tunique bleue, la meilleure de France, il disposait de la plus belle moto, la plus rapide, la plus sophistiquée. Lui seul avait cette machine en France, y compris chez Yamaha. La Yam 2010, la Ferrari des motocross.
Vendredi dernier, il en est à sa cinquième sortie sur le sable loonois, en pleine période de réglages. Il peaufine, soigne les détails, teste les suspensions, attend patiemment sa nouvelle ligne d'échappement. Ce qui ne l'empêche pas de prendre du plaisir, comme d'habitude.
À 16 h 30, alors que le terrain vient d'être remodelé comme chaque fin de semaine, il décolle une butte avant de retomber lourdement. L'accident est violent, la chute vertigineuse. Pourtant, l'endroit n'est pas réputé accidentogène. L'hypothèse d'une crevaison juste avant l'appel du saut est évoquée pour expliquer une catastrophe dont on ne saura sans doute jamais le fin mot.
La vie de Timoteï Potisek vient de basculer. Une autre épreuve débutait pour lui et ses proches. L'attente, après le transfert vers Lille. L'attente encore après l'opération. Les bulletins de santé du week-end et de début de semaine, inquiétants. Les non-dits d'un corps médical propice à ne jamais laisser espérer. « Plus le temps avance et plus la fenêtre de l'espoir se referme », expliquera un motard malheureusement passé par cette phase. Lui s'en est sorti. Mardi , Timoteï s'en est allé. Le double vainqueur de l'Enduropale du Touquet laisse un grand vide.
Ceux qui l'ont connu à Isbergues encaissent le coup. Vincent Vilnet, le préparateur physique du Club cycliste de Molinghem-Isbergues, l'avait pris sous son aile depuis trois ans, à la demande de Rudy, le père de Tomotheï lui-même. Le morad abandonnait le moteur au profit des pédales en début de saison, histoire d'être au top à l'Enduro. « On a commencé par de l'entraînement à vélo, ça s'est pousuivi en amitié. Il avait fini par devenir comme un frère. Sa disparition laisse un grand vide. »
source : L'Echo de la Lys